Volvo Ocean Race
Etape 4 : Sanya – Auckland
Dimanche 19 février 2012
Pit-stop en Chine
Les conditions météorologiques en mer de Chine étaient trop extrêmes pour que les six concurrents de la Volvo Ocean Race puissent affronter des creux de huit mètres et plus de 40 nœuds de vent sous les grains. Le comité de Course a donc décidé de lancer un parcours côtier préliminaire, puis de bloquer les bateaux au port durant une douzaine d’heures. Groupama 4 prenait la deuxième place de ce parcours, à l’issue des 43 milles courus dans une brise d’une douzaine de nœuds… très instable.
A situation météorologique extrême, parcours inhabituel ! Une dépression s’est en effet formée entre la Chine, le Viêtnam et Bornéo, générant des vents forts supérieurs à 35 nœuds, mais surtout une mer très dure avec plus de huit mètres de creux. Heureusement, ce phénomène tropical glisse vers Singapour en se comblant, laissant derrière lui une mousson de Nord Est à Est plus pacifiée. Il y aura tout de même plus de 25 nœuds pour rallier le Nord des Philippines par le détroit de Luçon, avec une forte couverture nuageuse qui provoquera des renforcements conséquents de la brise. Pour pallier à ces conditions particulièrement rudes, le Comité de Course a décidé de scinder cette étape de 5 220 milles entre Sanya et Auckland, afin de laisser passer le plus gros de la tempête tropicale. Ce dimanche matin (heure française), les six VO-70 ont donc pris un premier départ dans une brise d’une douzaine de nœuds pour un parcours côtier de 43 milles dans le Sud de Hainan.
Un coup de griffe
Le départ ne fut pas bon du tout pour Franck Cammas et ses hommes qui se faisaient rejeter sur la bouée de bout de ligne, au point que Groupama 4 touchait la marque. Le voilier français se voyait contraint à une pénalité, un tour sur lui-même, pendant que les Américains prenaient la poudre d’escampette ! Les équipages devaient réaliser deux petits tours de 3,5 milles chacun devant la marina de Sanya, avant de longer le Sud de l’île de Hainan vers le Bouddha de Guan-Yin, l’une des plus hautes statues du monde avec 108 mètres… Mais avec le relief de la côte, le vent virevoltait au milieu de ce long bord de portant de plus de quinze milles, au point que les voiliers devaient passer une zone de transition difficile à cerner, entre une brise de secteur Est et un vent d’Ouest !
Plutôt rapide au portant, Groupama 4 revenait au gré des empannages sur le leader américain suivi par le voilier espagnol. Mais c’est surtout sur le bord de retour vers le port que la situation se compliquait fortement : le vent soufflait à terre mais disparaissait au large… Puma ne voyait pas le danger et en sus, ouvrait la voie vers un calme prolongé que ses concurrents pouvaient contourner. Ken Read et son équipage restaient sur place pendant quarante longues minutes et toute la flotte les dépassait ! Le match se jouait alors entre Telefonica, Groupama 4 et Abu Dhabi, qui tricotaient au louvoyage dans une brise revenue au secteur Est d’une quinzaine de nœuds.
A l’issue de ce prélude chaotique, les Espagnols s’adjugeaient le meilleur temps après quatre heures de course et Telefonica partira donc lundi matin (heure chinoise, minuit heure française) avec deux minutes trente-quatre secondes d’avance sur Franck Cammas et son équipage. Ces derniers seront suivis une minute douze secondes plus tard par Ian Walker (Abu Dhabi), puis cinq minutes plus tard par le voilier chinois qui réalise son meilleur score à domicile. Camper partira avec 9’13 d’écart sur le leader et Puma 39’17…
Les six concurrents prendront donc un départ en différé vers Auckland en tout début de journée lundi, dans une brise d’une douzaine de nœuds qui va très vite se renforcer à plus de 25 nœuds dès qu’ils auront quitté les côtes chinoises.
Ils ont dit :
« C’est une étape importante dans une zone de navigation où nous ne sommes jamais allés avec des noms évocateurs comme les Philippines, les Salomon, les Vanuatu, les Fidji… Vu les conditions météorologiques en ce dimanche après-midi dans le Sud de la mer de Chine, la course est neutralisée après le parcours côtier le long de l’île de Hainan : les bateaux vont repartir avec les écarts en temps qu’ils auront à l’issue de cette régate préliminaire. Notre objectif est de gagner à Auckland : nous avons confiance dans Groupama 4. » indiquait avant la course le navigateur, Jean-Luc Nélias.
« Ce sera une étape très longue et très compliquée avec du vent fort et de la mer formée d’abord, puis des zones de transition avec du petit temp. Ce sera peut-être la plus dure de ce tour du monde ! Cela risque de ne pas être très rapide, puisque nous allons partir au près contre la mousson d’Est, puis il y aura des bords de débridé où Groupama 4 va plutôt vite… Mais il y a tellement d’options météorologiques avant qu’il faudra rester très attentifs sur les choix stratégiques. » précisait Charles Caudrelier.
« Ce fut probablement notre pire départ depuis Alicante ! Mais l’équipage ne baisse jamais les bras et c’est super pour ça. Nous sommes très vite revenus dans le match au portant. Ce fut très compliqué sur le plan d’eau avec des bascules de vent énormes. Heureusement, nous avons un jeune garçon à la tactique, Erwan Israël, qui est brillant et qui était bien en phase : cela nous a permis de recoller aux leaders. Après le virage de la statue de Bouddha, nous avons eu la chance de ne pas se faire planter comme Puma. Mais encore une fois, Telefonica très opportuniste, a réussi à nous faire l’intérieur. C’est un bon résultat avant de partir lundi matin à 7h (heure chinoise). » déclarait Thomas Coville sur les pontons de Sanya.
Arrivée du parcours préliminaire de l’étape 4 (Sanya-Auckland)
1-Iker Martinez (Telefonica) 4h 02′ 14
2-Franck Cammas (Groupama 4) à 2’34
3-Ian Walker (Abu Dhabi) à 3’36
4-Mike Sanderson (Sanya) à 7’32
5-Chris Nicholson (Camper) ç 9’13
6-Ken Read (Puma) à 39’17
