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Volvo Ocean Race

Une année 2012 prometteuse pour Groupama 4…

9 février 2012

Afin d’éviter les risques de piraterie dans l’Océan Indien, les deuxième et troisième étapes de la Volvo Ocean Race ont vu leurs parcours aménagés. Pour ne pas mettre en danger la sécurité des équipages, une partie du parcours a été neutralisée et s’est effectuée à bord d’un cargo. Une semaine après avoir quitté les Emirats Arabes Unis, le cargo a débarqué les bateaux à Malé aux Maldives et la course a pu reprendre son cours.

 

Partis de Malé le 22 janvier dernier, les six concurrents de la Volvo Ocean Race sont arrivées à Sanya en Chine le 04 février au terme d’une étape dure pour les hommes et les machines. L’équipage français mené par Franck Cammas signe ici une très belle performance et termine 2e de cette étape de 3 051 milles, où il a fallu déjouer les pièges du détroit de Malacca et de la mousson en mer de Chine. Retour sur 12 jours de course intenses.

Des Maldives à Sumatra : un long bord dans le Golfe du Bengale

Dimanche 22 janvier, 08h00 UTC. Au milieu de l’archipel paradisiaque des Maldives, Groupama 4 et les cinq concurrents de la Volvo Ocean Race prennent le départ de la troisième étape (partie 2). Une étape tactique de 3 051 milles (5 650 km) jusqu’en Chine et qui commence par un long bord de 1 300 milles (2 408 km) dans de petits airs d’à peine 10 nœuds (18,5 km/h) : quatre jours avec très peu de manœuvres mais une concentration extrême. Les concurrents sont à vue et Groupama 4 ne lâche pas le tableau arrière de Puma : « Ce n’est pas monotone puisque nous avons des repères pour aller vite et on sait tout de suite si nous avons la bonne vitesse : c’est très intéressant pour affiner les réglages.» indiquait Damian Foxall le 24 janvier.

Détroit de Malacca : attention, pièges droit devant

Le 27 janvier, cinq jours après avoir quitté les Maldives, Groupama 4 entre dans le célèbre détroit de Malacca. L’équipage contourne l’île de Palau We, au nord de Sumatra et pénètre dans ce long goulet de 500 milles (926 km) qui va les mener jusqu’à Singapour et la mer de Chine. Première terre aperçue depuis le départ, tout le monde est sur le pont pour admirer ces côtes où la nature est luxuriante. « Les paysages sont magnifiques près des côtes, un peu comme la rade de Brest sous les tropiques » précisait Charles Caudrelier. Mais le temps n’est pas à la contemplation et la compétition est acharnée. Groupama 4 parvient à accrocher la deuxième position à la faveur d’un grain. Le bateau de Franck Cammas est si proche du leader Telefonica que les concurrents peuvent même engager la conversation. Conversation qui tourne court quand les Espagnols s’aperçoivent que les Français sont en train de les doubler…

Le chemin vers la sortie du détroit est semé d’embûches : plus de cinq cents navires circulent tous les jours dans ce passage qui se rétrécit comme un entonnoir, de 370 km de large à moins de 28 km. « C’est un endroit où il n’y a pas beaucoup de vent : il fait très chaud et très humide puisque nous sommes proches de l’équateur (2° Nord) » précise Jean-Luc Nélias lors d’une vacation. La vie à bord devient suffocante et à l’intérieur, chaque tâche est un calvaire : s’habiller, préparer la cuisine, s’endormir… « Nous avons la chance d’avoir un pont blanc a contrario de Puma ou de Camper qui doivent encore plus souffrir à l’intérieur. » souligne Franck Cammas. Comme à bord de ces bateaux, rien n’est laissé au hasard, le menu a été adapté aux fortes chaleurs et de petits ventilateurs ont été placés au-dessus des couchettes.

La vie à bord suit donc son cours, Groupama 4 n’est pas ralenti par les ofnis (objet flottant non identifié) qu’il frôle et continue à suivre de près le leader espagnol. Une plongée est tout de même nécessaire pour dégager la quille prise dans un sac plastique et les croisements avec les bateaux de pêche locaux provoquent quelques frayeur à l’équipage : « quand tu commences à apercevoir la lampe frontale des pêcheurs, c’est qu’il est temps de dévier ta route ! » explique Yann Riou, média man à bord du bateau français.

Camper désormais bloqué dans une zone sans vent à la côte, Telefonica et Groupama 4 ont la voie libre et mettent le clignotant à gauche pour bifurquer vers Singapour puis remonter plein nord vers la Chine.

Zigzaguer en mer de Chine

Sorti second du détroit de Malacca, il reste au bateau français plus de 1 200 milles (2 222 km) à parcourir. Le dernier tiers de cette étape se passe au près, dans la mousson qui va se renforcer au passage du Vietnam avec des vents allant jusqu’à plus de 30 nœuds (56 km/h). L’équipage de Groupama 4 retrouve les joies de la vie penchée et du matossage : pour équilibrer la gîte du bateau, tous les poids sont déplacés sur le même côté. Ces poids embarqués équivalent à plus de 2 tonnes de matériel qu’il faut bouger à la seule force des bras. Un exercice épuisant, encore plus quand il est à réaliser toutes les heures et que les marins n’ont pas le temps de se reposer entre les virements. C’est ce calvaire qu’ont vécu les marins de la Volvo Ocean Race qui sont allés s’abriter du courant près des côtes vietnamiennes. Groupama 4 a viré de bord plus d’une vingtaine de fois : « Tout l’équipage est exténué car c’était une étape harassante, l’une des plus difficiles pour les hommes. Ils ont montré une vraie volonté en se battant tout le temps et la nuit dernière, tout le monde s’est vraiment beaucoup donné… » confirme Franck Cammas après 36 heures d’un louvoyage intense. La délivrance vient avec le dernier virement de bord, celui qui permet à Groupama 4 de faire route directe vers Sanya en Chine. Si l’équipage a su conserver et défendre sa deuxième place, il est désormais presque impossible pour les Français d’espérer franchir la ligne en premier. « Telefonica a une bonne marge de sécurité : il est très rapide au près, et même si nous sommes véloces au débridé, il semble trop en avance pour pouvoir être inquiété » confiait Yann Riou la veille de l’arrivée.

C’est donc en merveilleux dauphin que Franck Cammas et ses hommes arrivent en Chine, au terme d’une troisième étape qui a été depuis le départ la plus exigeante physiquement et mentalement. Franck Cammas conclue : « Très belle étape avec des conditions parfois difficiles, que l’on a vécue souvent au contact de nos concurrents, et pendant laquelle on aura vraiment eu l’impression de voyager. Notre place de second est une satisfaction pour l’équipe, sachant que les conditions rencontrées n’étaient pas, sur le papier, celles qu’affectionne le plus notre bateau. » Deuxième alors que les conditions n’étaient pas optimales. C’est à se demander ce que nous réserve l’équipage de Groupama 4 sur les prochaines étapes ?

 

Classement général :

 

1 – Team Telefonica

Nbr de points : 95

2 – CAMPER with Emirates Team New Zeland

Nbr de points : 80

3 – Groupama sailing team

Nbr de points : 71

4 – PUMA Ocean Racing

Nbr de points : 48

5 – Abu Dhabi Ocean Racing

Nbr de points : 39

6 – Team Sanya

Nbr de points : 16